Instrus Trap | Instrumentales Rap | Leyden Sound

Instrus Trap

Qu’est-ce qu’une instru trap ?

Les instrus trap sont des instrumentales rap qui ont vues le jour au début des années 1990 dans le sud des États-Unis. Elles se caractérisent par des instruments tels que la désormais célèbre grosses caisse 808 ou de lourdes lignes de basse distordues parfois à l’extrême, des charlestons à double et triple temps et d’autres charlestons à division temporelle plus rapide, des synthétiseurs multicouches, et des samples filtrés à souhait.

D’où vient le terme instru trap ?

Le terme « trap » (piège en anglais) a été littéralement utilisé pour désigner l’endroit où est cachée la drogue, où les marchés illicites sont conclus et où il est difficile d’échapper à ce mode de vie. Le terme est né à Atlanta, en Géorgie, où les rappeurs Cool Breeze, Dungeon Family, Outkast, Goodie Mob et Ghetto Mafia ont été parmi les premiers à rapper sur des instrus trap et à utiliser le terme « trap » dans leur musique. Les fans et les médias ont alors commencé à critiquer les rappeurs car ils les accusaient de faire l’apologie du trafic de drogue. David Drake de Complex expliquait début des années 2000 que la musique trap n’étaient pas un genre, mais un véritable lieu. C’est ainsi que les producteurs de trap et leurs rappeurs adoptèrent ce nom.

Quand sont apparues les instrumentales trap ?

Les instrus trap sont apparues pour la première fois au début des années 2000 dans les quartiers difficiles de la région sud des Etats-Unis. Au Texas, en Alabama, au Tennessee, en Virginie et bien sûr à Atlanta, en Géorgie, où des rappeurs locaux comme T.I., Gucci Mane, Young Jeezy, Triple 6 Mafia et Tity Boi (aujourd’hui connu sous le nom de 2 Chainz) ont commencé à s’imposer dans le mouvement antérieur à la musique trap: le Crunk.

Qui ont été les architectes des trap beats ?

Ce sont les producteurs / beatmakers tels que Shawty Redd, Drumma Boy, Mannie Fresh et Mike WiLL Made It, qui ont donné aux instrus trap (trap beats) cette dimension sonore. Energie sombre, touche gothique, la culture de la rue (armes à feu, drogues, strip-teaseuses) sont les ingrédients principaux que ces beatmakers ont ajoutés pour concocter leurs instrus trap. La musique trap a dominée les mixtapes et les radios locales, et a explosée dans les boîtes de nuit ainsi que dans les clubs de strip-tease du Sud.

Qui est le premier rappeur à avoir posé sur des instrus trap ?

Difficile de donner un seul nom d’artiste rap. Au début des années 1990, les rappeurs UGK, 8Ball & MJG, Three 6 Mafia, Cool Breeze, Kilo Ali, Master P et Ghetto Mafia ont été parmi les premiers à introduire les ryhtmiques de la musique trap. En 1992, « Pocket Full of Stones » d’UGK a été l’un des premiers disques de trap à être sorti de leur tout premier album en major-label « Too Hard to Swallow ». Il a également été présenté dans la bande originale du film Menace II Society en 1993, bien que les mélodies trap de cette période ne ressemblaient pas encore à celles de nos jours. Les paroles traitaient du trafic de drogue et de la lutte pour le succès. Des rappeurs sudistes locaux, tels que Young Jeezy, Gucci Mane, Yo Gotti et T.I., ainsi que son groupe de rap P$C, ont contribué à faire émerger la musique trap qui se rapprochent de celles d’aujourd’hui et à accroître la popularité du genre et des disques de trap musique. Ont commençait alors à entendre de plus en plus de trap beats sur les mixtapes et les stations de radio locales.

Je ne saurais finir ce paragraphe sans parler du succès massif d’Outkast, le hip-hop sudiste attire alors davantage l’attention du grand public américain. Le son de la Nouvelle-Orléans, prend son envol avec les hits de l’équipe de Cash Money Records, ainsi que les gros trap beats de Houston et la musique Crunk du Tennessee.

La trap et ses instrus prennent le large

Au cours des années 2000, les instrus trap commencent à s’imposer grâce au succès de plusieurs albums et singles sortis à l’époque. En 2003, la première vague d’instrumentales trap a fait son apparition avec la sortie du deuxième album studio de T.I., Trap Muzik. Il a connu un succès commercial majeur, se vendant à plus de 2,1 millions d’exemplaires. Le premier single de l’album, « 24’s », a été utilisé dans le jeu vidéo populaire Need for Speed : Underground d’EA.

L’interprète T.I. explique à cette époque que les compositions trap et les textes qui vont avec permettent de révéler aux gens la dure réalité de ce que certains vivent, en terme de violence, de trafic de drogues, de prostitution… En 2005, la première vague s’est poursuivie avec le succès de Let’s Get It de Young Jeezy : Thug Motivation 101. L’album a fait ses débuts en deuxième position du Billboard américain, avec 172 000 exemplaires vendus dès la première semaine de sa sortie. Il a ensuite été certifié platine par la Recording Industry Association of America (RIAA) pour une livraison de plus d’un million d’exemplaires. L’album a également popularisé le producteur Shawty Redd après avoir créé le son original des instrus trap. Parmi la première vague de producteurs d’instrus trap, on trouve DJ Toomp, Drumma Boy, Shawty Redd, Zaytoven et D. Rich.

Le tournant des instrumentales trap

En 2012, un nouveau mouvement de producteurs d’instrus trap a émerger, commençant à incorporer les éléments de la musique trap que nous connaissons actuellement dans leurs œuvres. Cela a contribué à accroître la popularité des trap beats auprès des amateurs de musique électronique. Un certain nombre de ramifications stylistiques de la musique trap se sont développées En 2013 les instrus trap connaissent une popularité virale et ont un impact notable sur la musique électronique.

Dans le cas de ces instrus, on leurs associe les lourdes sonorités des épiques 808. Certains s’imaginent que les les trap beats ont surgis de nulle part en 2012. Mais sa vaste histoire s’étend sur plus d’une décennie.

Les instrus crunk et les instrus trap ont fait leur apparition sur les dancefloors européens dans l’underground de la musique électronique, par l’intermédiaire de DJs à tendance rap-heavy tels que Hollertronix (Diplo et Low Bee), Hudson Mohawke, Rustie, Jackmaster, Sinden, et plus récemment Lunice, Jacques Greene et Araabmuzik. Les trap beats suscitent alors un grand intérêt médiatique dans le monde de la musique électronique.

Ce que le producteur Drumma Boy pense des trap beats et de la musique trap en général

Lorsqu’on lui a demandé ce que représentaient pour lui les instrus rap et la musique trap, Drumma Boy, un producteur nominé aux Grammy Awards, a répondu :

« La musique trap est juste une culture que nous avons créée dans le Sud », dit-il. Ayant grandi à Memphis, je me suis lancé dans une carrière de producteur à Atlanta dès l’adolescence au début des années 2000. Drumma a travailler avec des rappeurs du sud tels que Yo Gotti, Jeezy et Bun B de l’UGK, ainsi que des stars internationales telles que Busta Rhymes, Kanye West et Lil Wayne. « New York avait ses instrus, la côte ouest avait ses instrus, et nous, nous n’avions pas vraiment d’autre choix que le gospel, le R&B et le blues. Dans ma ville (Memphis), la plus grande influence musicale était le blues. A l’époque de Marvin Gaye, nous étions connus pour la Stax et le funk. En venant de Nashville, la plus grande influence était la country. L’Alabama était un grand état musical mais nous n’étions pas connus pour le hip-hop. Donc, la musique trap, ses rappeurs et ses trap beats, c’était un tout nouveau mouvement ».

Quant aux instrus trap, il poursuit : « La musique trap est juste sale, représentée par ses sonorités crades de grosse caisse 808. On n’utilise en général que huit ou neuf instruments pour composer des instrus trap. Les trap beats ont cette faculté de transmettre une atmosphère gangsta et en même temps très mélodique, très profonde. Les instrus trap hypnotisent.