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Texte de Rap, 12 Maîtres de l’Ecriture

Texte de Rap | Les Maitres de l'Ecriture | Leyden Sound

Texte de Rap

Dans l’art urbain qu’est le Hip Hop, l’écriture est un art majeur. Un texte de rap puissant couplé à un flow fluide et technique, voila ce qui fait la renommé d’un rappeur.

Je vais dans cet article vous faire découvrir ou redécouvrir certains artistes qui m’ont personnellement fait aimer cette musique et cet art en présentant un de leur texte de rap. La liste n’est pas exhaustive, il y a de nombreux artistes et textes que j’apprécie, et je développerez peut-être d’autres articles sur le même thème.

Cet article est une suite d’un précèdent post que j’ai écris  qui donne 8 conseils pour écrire un texte de rap. Vous pouvez le retrouver ici.

AKH: Mon Texte Le Savon

Je recommencerai cet  liste par un maître en m’écriture. Il s’agit d’AKH (Akhenaton, Chill), rappeur de l’emblématique groupe IAM qui est une légende des années 90 et toujours actif de nos jours en 2020. Ce texte de rap s’intitule « mon texte le savon ». L’artiste dans ce texte nous livre avec puissance et brutalité ce qu’il récent au plus profond de lui.

Voici son texte:

C’que j’te livre, non, rien d’complexe, c’est juste mon texte c’est l’savon
Tu sais, j’ai trop d’scrupules et j’suis lucide sur mon état
Ce qu’ils nous ont laissé ? Espoir et fausses joies, on cessera
D’parler d’ça p’tet jamais ouais j’sais c’est noir
Demain c’est loin, j’l’ai dit ! Si j’le répète c’est mieux si j’foire
Ma vie j’m’en carre, mais j’foire aussi la vie des miens
Je n’vis mieux qu’depuis qu’j’écoute plus souvent l’avis des miens
Ravi d’un rien, parce qu’habitué à rien, j’ai vécu chichement
Chiche man, on s’tire d’ici, vivement c’jour, mais c’jour
N’est pas venu, j’ai passé 10 ans tristement
La rue a eu ton fils, pour oublier, j’fumais trop d’canabis man
Là au milieu des parrains, j’ai vu plus d’fric qu’dans Casino
Avec mes 20 balles au p’tit Casino,
J’ai vécu ma routine seulement dans l’fond
Quand mes potes vendaient la popo et par jour s’faisaient des milions
Le fric ? M’a jamais tourné la tronche, j’pensais p’tit, à fumer
A rimer, à boire mon ponch, à être raide,
Pour les heures qui suivaient, plus j’buvais plus ça passait
Et j’cuvais les mains sur la putain d’cuvette rivées
Et là j’songeais qu’les lech de la classe
Avaient p’tet raison que c’était moi le lâche
Puis on lâche ses études pour un prétexte bidon
Et on lâche son étude de la vie sur un premier texte bidon.
Et pour ça, j’vens mes rimes comme un savon
On sort des tripes tout c’qu’on vit et c’que nous savons
J’applique l’intelligence du turf dans mon giron
Y’a pas d’putes et pas d’place pour les caves que nous bravons
Et pour ça, j’vends mes rimes comme un savon
Lâche des bombes sur les vinyls que nous gravons
J’applique l’intelligence du turf dans mon sillon
C’est plein d’groupes ici c’n’est que du pur que nous vendons
Et pour ça, j’vens mes rimes comme un savon
Toutes ces années stériles, accroupi sur une rampe
Comptant les secondes s’évaporant dans les pertes
L’estomac en proie aux crampes, si violentes et les merdes tombent
Sur la route, tu sais plus si c’est l’doute, la faim ou le stress qui t’prend
Avec nos ganaches de craps à l’écran, j’suis fier d’pouvoir
Poser sur l’écrin avec cran, sans s’dire ma face
D’faits divers fait tâche à leur sens, c’qu’ils pensent, j’m’en secoue
Tant d’silences qui voulaient dire au secours, personne n’est venu grand,
J’me suis débrouillé seul
Sauf quand des potes mataient mon dos, si je m’embrouillais seul
Tu connais l’truc, les shlass et les clans
Belsunce 86, centre, dangereux d’squatter les bancs
Paroles fortes et conneries à 2Fr
On en trouvait tremblants par terre dans le hall
En train d’baigner dans leur sang. Frontière mince
Transparente, séparant les mecs biens, sincères, fiers, francs
Des embryons délinquants; des gens brillants, combien s’en sortent
Combien regardent leur vie sous l’briquet, vont en soirée sous escorte
Ou s’comptent des histoires d’faits d’armes violents
On est loin des légends sur l’pays, qui plaisaient à nos parents
Ma rime je vends bleu, tout simplement à qui l’veut
Et des jours de grand beau temps au fond d’ces yeux, il pleut
Reluques la salive sur ma langue et mes dents
Apologie du précédent, timide, clos stress aidant
A égréner toutes ces minutes, c’est horrible j’veux pas l’revivre
J’me réfugie, derrière ce thème j’me livre. Il joue des notes couleur de
L’air du temps
J’pourrais jamais plus traîner comme avant, j’ai l’sentiment
Que j’perd du temps c’est idiot mais c’est comme ça qu’j’me sens
Evacuer le fiel par la plume, j’n’ai que ça dans l’sang
Et pour ça, j’vens mes rimes comme un savon
On sort des tripes tout c’qu’on vit et c’que nous savons
J’applique l’intelligence du turf dans mon giron
Y’a pas d’putes et pas d’place pour les caves que nous bravons
Et pour ça, j’vends mes rimes comme un savon
Lâche des bombes sur les vinyls que nous gravons
J’applique l’intelligence du turf dans mon sillon
C’est plein d’groupes ici c’n’est que du coeur que nous vendons
Et pour ça, j’vens mes rimes comme un savon
C’est comme ça il faut croire
C’est ce qui a été dessiné
Un mic ? C’est peut-être ce à quoi j’ai été destiné
Soit. Mais c’est un autre chapitre du livre de ma vie
Et c’est pour la postérité que je livre un autre plan de ma vie
Et quand je s’rais plus là, pour veux qui m’ont tenu la main
Et ceux qui l’ont lâchée, pour ceux qui firent mes joies
Et ceux qui l’ont gâchée, pour mes soleils et mes lunes
3.6.1.° de rotation, du rien au tout, et puis du tout au rien
Juste que nous sommes rien du tout
En fait on sait rien, c’est tout, AKH

Shurik’n: Lettre

On reste dans le groupe IAM avec un texte de Shurik’n, rappeur également légendaire qui dans cet œuvre se met à la place d’un grand père qui écrit une lettre à son petit fils, sachant qu’il sera parti avant la naissance de ce dernier. Texte de rap touchant, magistralement écrit.

Voici son texte:

Si tu lis cette lettre, c’est que j’ai dû m’absenter,
Un peu avant que t’arrives mais j’pouvais pas rester.
Le taxi attendais.
Que faire je sais plus par où commencer.
J’avais plein de choses à dire, mais pour écrire j’suis bloqué.
Mais j’vais me lancer. Tu sais la vie c’est pas toujours comme on veut,
C’est souvent comme on peut
Et j’ai fait comme j’ai pu pour que ton père vive mieux.
Je lui ai appris la valeur de l’argent
Parce que dans ma famille un franc c’était un franc gagné durement.
Le mien s’est tué au boulot,
Manque de pot je portais pas d’polo,
J’étais pas en guenille non plus mais au goûter y avait pas d’pépito.
Le préau était un stade de foot un champ de shoot.
Cloué sur les bancs d’la classe y avait pas foule.
Fais pas comme moi, l’école ça aide des fois,
Plus tard tu t’en aperçois avant de t’en mordre les doigts.
Bosse et ne baisse pas les bras.
Pense à celle qui va se faire t’en de soucis pour toi
à chaque fois que tu sortiras.
Celle qui te borderas toutes les nuits.
Et les jours où tu seras en colère après elle repenses-y.
T’en auras jamais deux comme ça. Retiens ça.
Et n’écoute pas les cons qui pensent qu’un homme ça ne pleure pas,
Crois moi.
Et si j’ai pû partir un doigt levé, pied de nez à la guigne,
Et finalement j’ai gagné, à travers toi je m’en suis tiré.
Te demande pas pourquoi j’ai la réponse ici.
Il fallait que je parte pour que tu viennes c’était écrit, petit.
Il va te falloir beaucoup d’audace, pas mal de courage,
Pour éviter les crasses semées par ton entourage.
Et si un jour t’es vraiment mal barré
Y a toujours deux personnes sur qui tu peux compter, et ça tu l’sais.
Il va te falloir beaucoup d’audace, pas mal de courage,
Pour éviter les crasses semées par ton entourage.
Et si un jour t’es vraiment mal barré
Y a toujours une personne à qui tu peux penser, et ça tu l’sais.
On choisit pas ses parents, t’es pas trop mal tombé
Penses à ceux qui vivent aux foyer, avant de grimacer devant ta purée.
Tu subiras un peu les vannes des potes plus à la mode,
Fais pas un flan à ta mère pour une paire de bottes.
J’ai transmis mon art à mon fils il te le transmettra,
J’espère plus tard comme ça tu seras paré pour les bagarres au lycée.
Tu vas te chiffonner pour un « ta mère la pute » même si c’est pas vrai
Je sais je l’ai fait. S’il fallait je recommencerais.
Il t’apprendra à ne pas craindre la nuit.
Il te dira que c’est pas grave si tu pisses au lit, lui le faisait aussi.
Il te dira que le sang est le même pour tous,
Seules les couleurs changent.
On finit de la même façon on tend la main aux anges.
Il n’y a qu’une chose qu’il ne dira pas.
Faudra que tu l’devines dans son regard,
Entre homme on se comprend, on parle pas.
Mon père n’était pas bavard non plus.
Paraît que j’ai les mêmes caractères.
C’est vrai qu’au tient j’ai rien dit de plus, faudra que tu comprennes,
Que tu sois indulgent, ne joue pas les enfants gâtés
Le jour où pour sortir il te manqueras des francs.
C’est mon seul regret, j’aurais voulu être là.
Te faire sauter sur mes genoux, devenir gâteux quand je te vois.
Tanpis, c’était pas marqué sur mon carnet de santé.
Le doc à dit que j’pouvais pas rester.
Alors j’ai du m’envoler.
Mais si tu te sens trop seul, largué,
Y a toujours une personnes à qui tu peux pensé, et ça tu le sais.
Il va te falloir beaucoup d’audace, pas mal de courage,
Pour éviter les crasses semées par ton entourage.
Et si un jour t’es vraiment mal barré
Y a toujours deux personnes sur qui tu peux compter, et tu le sais.
Il va te falloir beaucoup d’audace, pas mal de courage,
Pour éviter les crasses semées par ton entourage.
Et si un jour t’es vraiment mal barré
Y a toujours une personne à qui tu peux penser, et ça tu l’sais.
Tu l’sais.

Kery James: En Feu de Détresse

Kery James, grand artiste du rap français, également réalisateur, scénariste et acteur  a écrit un texte très personnel qui s’intitule « en feu de détresse ». Fort et mélancolique, ce texte est à prendre en exemple.

Voici son texte

Mes fautes sont lourdes car mes défauts sont graves
Je suis venu en éclaireur, pourtant mon coeur est en naufrage
Je suis qu’un aveugle qu’ils prennent pour guide
Rien qu’un homme que le diable a pris pour cible
Mes péchés sont nombreux
Tellement nombreux que je peux pas les dénombrer
J’peux qu’espérer que Dieu me pardonne
Qu’il m’accorde le repentir avant que ma dernière heure sonne
J’écris peut-être l’un de mes textes les plus poignants
Car à cette heure ma vie semble prendre un tournant
Les tourments font suite aux rebondissements
Comme quoi, toi comme moi, on est pas à l’abri du changement
Mais au fond ai-je vraiment changé?
Je dois constater que pour moi même je reste un danger
Je te jure la foi c’est tout ce que j’ai
Si j’la perds, frère, j’perds tout ce que j’ai
J’ai mis ma vie, en feu de détresse
J’attends une aide, qui tarde à me venir
J’suis envahi, par mes faiblesses
Au point d’ignorer, ce qu’Alix Mathurin va devenir
L’avenir me paraît sombre
Le soleil brille toujours pourtant je sombre
Plus rien de certain si ce n’est la tombe
Je distingue plus mon chemin y’a trop d’ombre
J’ai fait ce que je pouvais
A défaut d’avoir accompli c’que j’voulais
Je suis étonné d’être encore debout
Et parfois envers c’que j’fais, j’t’avoue, j’ai du dégoût
J’me fais peur, j’suis à plaindre
Et si j’baissais les bras j’serais à craindre
Avec ce qu’il reste de moi, je me bats
Et avant tout ce sont mes pulsions que j’combats
Avec ce qu’il reste de moi je lutte
Je m’accroche, mais malgré moi je chute
Avec ce qu’il reste de lui, jusqu’où
Alix Mathurin pourra tenir le coup
J’ai mis ma vie, en feu de détresse
J’attends une aide, qui tarde à me venir
J’suis envahi, par mes faiblesses
Au point d’ignorer, ce qu’Alix Mathurin va devenir
Parfois j’ai l’impression que je n’y arriverai pas
Et là je n’ai plus envie de me battre, mais de baisser les bras
Crois-moi, le combat contre le mal est sans répit, intense
Il fait mal, déchire, comme un couteau dans une plaie
J’me vide, j’me perds, mon coeur saigne
J’appelle à l’aide mais je trouve personne qui puisse
Apaiser mes peines
Même pas une épaule sur laquelle je pourrais me reposer
Trop de pressions accumulées, un jour j’pourrais exploser
Trop exposé au danger, je suis au bord du gouffre
Les nerfs à vif, à cran, j’pourrais devenir ouf
Scotché a mon lit, j’ai peine à m’lever
J’me dis qu’y a 2 ans, j’aurais souhaité crever
Excusez moi mais je traverse une tempête
A bord d’un navire que je n’ai même pas l’droit de déserter
J’trouve pas de médecin qui puisse enfin guérir mes maux
Et combien comprendront mes lettres derrière ces mots
Ce texte, récit d’un homme qui a beaucoup perdu
Peut être même d’un chercheur qui s’est perdu
Pardonnez moi si je n’suis pas à la hauteur
Si j’ramène la honte plutôt que l’honneur
Pardonnez moi si j’ramène la défaite plutôt que la victoire
L’incertitude plutôt que l’envie d’croire
Moi j’ai fait c’que j’pouvais
A défaut d’avoir accompli c’que j’voulais
J’ai mis ma vie, en feu de détresse
J’attends une aide, qui tarde à me venir
J’suis envahi, par mes faiblesses
Au point d’ignorer, ce qu’Alix Mathurin va devenir

Mac Tyer: Imagine

Mac Tyer, du groupe Tandem à cette époque. Texte de rap très énervé mais magnifiquement bien écrit. Quand la colère se mélange à la technique et au sens.

Voici son texte:

Intro:
La Matrice est universelle, elle est omniprésente
Elle est avec nous ici en ce moment même
Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre
Ou lorsque tu allumes la télévision
Tu ressens sa présence quand tu pars au travail
Quand tu vas à l’église ou quand tu payes tes factures
Elle est le monde qu’on superpose à ton regard
Pour t’empêcher de voir la vérité

Mac Tyer:
Imagine cent jeunes sans gênes qui fument la Marie-Jeanne
Qui se foutent de mourir jeune, encore une âme que Paname condamne
Imagine un œil pour accueillir les pleurs
Un cœur pour assumer l’effort, avoir une cellule pour demeure
Imagine les USA qui face à l’Irak capitulent
Imagine la peine capitale, imagine moi plein de thunes
Imagine une arme de poing dans la main d’un enfant
Qui répond que sa mère est la femme battue du bâtiment
Imagine le poing d’un schmit sur la gueule à ton père
Ta ville natale sans repère, un taulard qu’on intolère
Imagine verser une larme de bière pour les défunts
Imagine un jeune qui s’acharne pour parvenir à ses fins
Imagine un chef d’état d’Afrique qui trafique
Troque sa patrie à l’Occident pour raisons politiques
Imagine la colère d’un nazi
L’euthanasie pour abrèger les souffrances, les douleurs d’une maladie
Imagine la peur d’un père immature, une paire de gants de combat
*grogne* Pour tous ces gars qui nous censurent
Imagine *soupir*, à quoi bon imaginer
Quand les jeunes de chez moi se tirent dessus pour un billet
Imagine ne jamais voir mais à mes dépens j’ai vu
Qu’une pourriture pourrait me trahir pour un écu
Qu’un seul homme vienne me dire m’avoir jamais trahi
Qu’un seul homme ose venir calomnier ma biographie
Imagine le prix du pétrole, la chute du CFA
Un révolté qu’a la parole à un concert de Nas aux USA
Imagine la vie d’un malchanceux qui malgré ça chancelle
En selle chevalier car chômer n’est pas mieux
Imagine ce fort besoin de fortune
Ce qu’est le crime pour l’opprimer puis les dures misères de ma commune
Imagine ce père smicard au salaire misérable
D’où ma vue horrible, paternel d’une fille adorable
Je sais c’est triste, mais imagine un peu mon cœur
Entouré de conspirateur ma vie n’aspire qu’à la rancœur
Imagine qu’en bas de mon immeuble rares sont les jeunes aimables
Et j’ai ce refus catégorique sur ces bavures intolérables
Imagine un kosovar qui s’en sort la vie sauve
J’ai fait l’effort mais la vie ne m’a offert que les flammes
Imagine ces chroniques sanglantes subies par les juifs
Pour eux la haine est une soif qu’un verre de sang serait jouissif
Imagine Mandela, 27 balais dans un trou
La colère qu’un insoumis ressent quand sa vie est sans un sous
Imagine que chaque jour ma haine j’évacue
Car la vie dont j’ai rêvée n’a pas été celle que j’ai vécue
Imagine la vie d’un sans-abri privé de bien-être
Toujours saoul sans jamais rien dans son assiette
Imagine avoir l’anti-gang sur le dos et les gang-bang sur ados
Un gang dingue sur un gars, avoir subi trop de ragots, gro’
Imagine 45 jours au mitard
Les pleurs, le sang sur les murs, signes d’un atroce séminaire
Imagine une France homogène où les gêneurs sont les mêmes
Les gens morts sont les mêmes, mec j’ai trop peur pour ma môme

Mac Tyer et Mac Kregor:
Hein, imagine comment l’époque s’obscurcit
Sa noirceur et sa misère font que le jeune du bloc s’endurcit
Imagine cette pluie ténébreuse qui tombe sur nos villes
Cette nébuleuse de neige qui dans nos Colisée nous pénalise
Imagine Tandem au panthéon, Perestroïka dans les rangs
Dominateur sur le béton…
Sur le béton… sur le béton…
Sur le béton… sur le béton…

Phases de scratch:
« Décidément je suis trop nerveux, j’arrive plus à écrire autre chose »
« […] deux choses me faire flipper, la mort et l’excès d’amour »
« Je parle de ce que mes proches vivent, de ce que je vois »
« L’âme de la rue, le vécu qui est en moi »
« J’voulais changer l’monde mais c’est lui qui m’a changé »
« Vie hardcore entraîne textes hardcores »
« La vie est dure si on veut du rêve »
« J’ai tellement dormi sur l’gravier que j’peux pas aller plus bas »

Mc Gregor: Les Maux

Binôme de Mc Tyer du groupe Tandem, Mc Gregor nous montre ici que lui aussi sait écrire un grand texte de rap.

Voici son texte

Les mots parfois sont trop fragiles pour atténuer la douleur d’un humain
Les maux causés par l’espèce humaine sur mes négros avaient tout d’inhumain
Des geôles à perte de vue, ornent nos villes et prennent des mômes aux femmes
Qui prennent des mômes aux villes qui sur le tas apprend que son enfant est pédo
Trop de crimes sont chaque soirs annoncés par nos charmantes speakerines
Trop de putes en string traînent dans la boue le désarroi des proches des victimes
La mort d’un être à leurs yeux n’est qu’un cliché dans un article
Depuis le jour de la conception, trop d’hommes se noient dans l’Antarctique
Je vous accorde de trop prendre à cœur ce qui chaque jour accentue ma colère
Des flots de larmes affluent des collines pendant que la coke s’enfuit des aides scolaires
J’ai vu la déchéance humaine et je sais toujours pas parler aux chevaux
J’ai vu l’effervescence de la haine dans la froideur qui réchauffe mes caniveaux
Les mots ne guérissent point les plaies internes qui chaque jour me dévient de l’amour
Les maux martèlent mon encéphale augmentant ma rage me submergeant dans l’amour
Les mots parfois m’inquiètent, les mots parfois m’écœurent, les maux parfois m’écartent
Mais à la barre c’est toujours les mêmes qui t’acquittent
Nos chiens n’ont droit qu’à des miettes, et une World Cup pour qu’s’taise le peuple
Un long périple dans l’amertume lorsque l’état sabote le peuple
Les guerres fleurissent en Afrique, l’ONU accumule les pourparlers
Pendant que se noient dans des marres de sang des milliers de gens sur un fond de Bob Marley
À quand le massacre des otages que l’on détenait au fin fond des Philippines
Aimerais-tu réentendre les cris d’une fillette qui fuit l’assaut d’un Vietminh
Lorsque le diable toque à ta porte, aucune incantation ne peut l’enchanter
Seuls les corps éventrés d’âmes perdus se contenteront de contrer
Les contraintes qui entraîne une vie à faire d’un père l’amant de sa fille
Les maux parfois sont atrophiés par ce mal de vivre que ressent sa fille
Les maux sont ces rafales de baffes posées sur la gueule de Martine par un mari aimant
L’amour est un des alibis les plus recensés chez les locataires de la M.A.F
Je m’entête chaque jour à combattre l’idée de finir martyr
Mais que peut-on faire face à la justice de l’accroissement des naissances carcérales
Allez, on se retrouvera tous un jour devant une Duff chez Moe
Les yeux fermés dans la pénombre, sache que fermez le poing ne résout point les maux
Lorsque le désespoir nous noie dans l’euphorie qu’est l’alcool
Et que nos mômes sous tutelle réprimandent l’absentéisme d’un père puéril
J’affirme en ce cas être victime d’un complot
Et que la mondialisation n’est qu’une excuse face à l’atrocité qu’est la vie sur ce monde
La nicotine s’empare de victimes de plus en plus jeune
Pendant que dans un labo on confectionne des gènes qu’on expérimente plus sur l’animal
Regarde des maux du Sida, on est passé à l’Ebola
De la vache folle, je crains la fièvre de Dolly
Croit-il réellement que distribuer des seringues sauvera des vies
Devrais-je rester de marbre face à l’implication du corps médical dans ces overdoses
Les mots sont ceux qu’on censure pour que la lumière ne soit plus
Ceux qui condamnent nos mères à augmenter le chiffre d’affaire de FranPrix
Je pense que c’est un sale temps pour un coup de foutre
À défaut d’assumer ta paternité, tu condamnes ta compagne à l’IVG
Pourtant je t’avouerais que j’ai beaucoup de peine pour tous ces fœtus
Et un immense respect pour le courage de ces mères enfants qui se précipitèrent sur la bite
Comme quoi l’erreur est humaine négro
Et qu’il y a des problèmes bien plus pesant que ces arrestations dans mes ruelles
Il est vrai que je ne peux rester indifférent face à ces bavures
Et que le sang ne colmate point les blessures qu’est la famille d’un avocat
Les mots sont ces injures qui offusquent tes parents dans un palais de justice
Mais qu’y a-t-il de juste dans le jugement d’un juge d’extrême droite
Sais-tu combien des miens font les cent pas dans les milieux de Fleury
Combien d’entre eux auraient tant aimé se taper à chaque dîner un roast-beef
Nos cages d’escaliers se transforment en habitat
Les jeunes délaissent leur poids familial pour connaître l’aventure
Comme beaucoup d’entre eux, je tente de fuir tous ces coups fourrés
Et féru de connaissance, je combats mes ennemis comme je le peux
Mes maux se déclenchèrent dans le fracas des chaînes
Et ne trouveront point le repos avant que le soleil n’ait atteint son zénith
Dans ma zone, le rouge ronge la rage négro
Ma solitude n’a d’égal que ma naïveté
On me reproche de ne pas assez m’intéresser aux troubles qui perturbent mon horizon
Mais le verre bu chez moi eu sur moi l’effet d’une bombe dans les rues de Belfast
Pourvu que le ciel ne me tombe pas sur la tête
Et qu’on ne me compte pas parmi les auteurs d’œuvres apologiques instables
Mes origines me condamnent donc à porter le lourd fardeau qu’est la souffrance
Pendant que l’oppresseur fils de dictateur se dore la pilule dans le Sud de la France
Ma rage n’a d’égal que l’amplitude terrestre qu’ont les maux
Si j’avais pu négro, de mes mains j’aurais tué Moe
En plein cœur de ma majorité, Je leur reproche ces sales rôles
Et ne comprend point l’interdiction du port du foulard dans leur école
J’ai une fois de plus une pensée légitime pour ceux qui meurent dans les cales
Des déportés d’Afrique aux survivants du Népal
Mes maux sont le gang bang d’une sœur qui monte avec 6 mecs dans une chambre
Te rappelles-tu négro, ces chaudes soirées de décembre
Où la pudeur n’a plus de dette chez ces ecclésiastes friands de mineur
Où le problème majeur ne fut plus toutes ses jambes de mômes arrachées par les mines
Mes maux sont indicibles, les leurs restent illisibles
Toutes ses âmes criblées par le dégoût ont dû passer des larmes au risible
Mes maux sont ces cors au pied qui m’obligent à me racheter tous les 6 mois une nouvelle paire de pompe
Pendant que s’estompent dans l’abîme les sourires des pères du baby-boom
J’ai l’intime conviction que les aveugles sont heureux de l’être moins que nous
Et que mes rêves ne se réalisent que pour le plaisir…

Fonky Family: L’Amour du Risque

Texte de rap incontournable tout comme le groupe qui l’a écrit. La Fonky Family sur une instru de Pone. Classique.

Voici leur texte

Intro : Sat:
98, pour la FF
Toujours les mêmes envies, pour tout le monde
Tout le monde se dit, putain
Je rêve de ça, si la vie me l’offrait
Y aurait sûrement moins de mecs à coffrer
Tu sais la nuit c’est différent
Tu croises moins de regards souriants

Refrain 1:
Avec nos vies de chiens
Y a de quoi faire des histoires sans fin
La rue en fond, plus vrai que les infos, du vécu enfin
Tu connais le refrain, on a faim
Et rien n’est prêt de changer, sauf
« Les gueules des bouffons sur les billets »
Si on s’en sort, ça changera pas la face du globe
On est juste des têtes brûlées à la conquête du monde
Pas de modèles, on essaie tous de se faire une place
Si Dieu veut, nous aussi un jour on sera en…

Couplet 1 : Menzo:
La nuit les yeux sont braqués, poursuivi par la BAC
Et faut marquer des points, pour l’amour du risque
Aujourd’hui c’est clair la vie c’est risqué
A tous les coins de rue y a un flic planqué
Les jeunes ont plus rien à foutre pensent à estanquer
Le soir les loups sortent de leur tanière, ont le vice, la manière
Partent en balade, en BM, y a pas de salades
Un bon plan, magasin de sport, c’est parti pour la cascade
Une patrouille de sécurité veille, le coup se fera plus tard
Pour l’instant ça bombarde, à la Dare Dare
Motus, mission : faut exploser des radars
220 sur l’autoroute, même pas le cafard
J’dirais plutôt qu’ils se marrent en fumant des pétards
C’est l’heure de se rassasier, direction le centre-ville
Sur le chemin, quelques belles filles
Y paraît qu’avoir une grosse voiture, ça les attire
Tire le frein à main pour le délire
Dans l’action, un petit sourire
Pour savoir si y a bon, y a pas pire
Que des sans-pitié partis pour un fou rire
Bien, mais elles doivent partir, et eux ont un travail à faire
Ils doivent manger, ça leur donnera des forces pour le danger
D’entrée, les fauves veulent tout saccager
Brûlent des feux, ça va mal se passer
Les flics vont les obliger de se ranger
Rien à perdre, ils veulent leur échapper
Pas moyen de les tromper, serrés de trop près
Appuie sur le champignon pour pas se faire attraper
Encapés, l’entrée d’autoroute la plus près
Pas de chance, un barrage ça met la rage
Plus de magasin de sport, la nuit au poste
L’amour du risque gars, dans un monde critique

Refrain 2:
Avec nos vies de chiens
Y a de quoi faire des histoires sans fin
La rue en fond, plus vrai que les infos, du vécu enfin
Tu connais le refrain, on a faim
Et rien n’est prêt de changer, sauf
« Les gueules des bouffons sur les billets »

Couplet 2 : Luciano:
De même que mes potes
Je vois tout de mes yeux rouge sang
Le décor d’où je sors est louche
Comme mes gars, faut pas que je bouge sans
La nuit le monde change d’yeux
Et nous on zone sans enjeux
Je suis aux anges
En disant que je viens de là où les gens sont dangereux
Entre amoureux du risque on se comprend
Avant que tu ries, c’que j’dis
Personne en classe l´apprend
Sans gêne ni genre la nuit
On nuit aux gens en petits commandos
Chacun se dit, l’argent: faut que j’emmanche
Comme Belmondo ou Jean-Paul Gaultier
Plus rien à foutre, mec
Tant qu’y a le pactole, nique tout
Y a pas que toi qui lutte dans le béton
Viens dans le coma, l’ami
Des mômes où ils crament tout comme à Singapour ou Miami
Une fois la lune pleine, tous plein d’alcool
Mes gars déconnent, décollent, coincent des cognes
Anti-condés depuis l’école
Au Q.G, on se colle des feuilles, fume
Puis s’assène des filles, parle, colle
En gros, on dîne, on baise, on picole

Couplet 3 : Sat
Chaque quartier compte son Q.G
Ses tripots, ses jeunes en mandat de dépôt
Les nerfs à fleur de peau, le manque de pot
On connait le topo ici-bas, on y est habitués
Comme ces hommes en habits bleus qui tuent et
Qui se font innocenter après ça
Dur d’avoir foi en la justice
On s’enlise tel le Titanic
La misère se répand de façon titanesque
Dis-toi que ce qui m’arrive je l’ai pas choisi
Rester docile, non mais tu veux pas que je me laisse baiser aussi
Ici, pour les parents y a vraiment de quoi s’en faire
Même les jeunes les plus braves ont tous leur entrée en enfer
On représente pour l’envers du décor
Je rap au nom des miens
Et dès demain je continuerai encore
Ça rapporte pas des masses, j’avoue
Je fais ça par amour du risque
On reste les mêmes dans la vie comme sur disque
Au micro on lâche le grand jeu, le peps
Je prends conscience de l’enjeu
C’est fuir ma vie de clebs

Refrain 2:
Avec nos vies de chiens
Y a de quoi faire des histoires sans fin
La rue en fond, plus vrai que les infos, du vécu enfin
Tu connais le refrain, on a faim
Et rien n’est prêt de changer, sauf
« Les gueules des bouffons sur les billets »

Couplet 4 : Choa:
Faut plus qu’on saigne encore
Les miens, je les aime
Pour eux j’espère fort, sans s’dire hyper fort
Je sais que mon groupe perfore
On est pas des exemples
Ma vie c’est du freestyle, man
Nique Babylone
Garde la tête froide, mécréant
Sois pas mesquin mais grand
Les alarmes sonnent toute la nuit
Mais j’y fais plus attention
Elevé dans le bruit
Les mots me sortent comme la transpiration
A chaque respiration, ma hargne monte
Je rap pour la bravoure, par amour
Tu sais mais faut qu’on mange, frère qu’on savoure
Bols de caviar, s’éloigner du système bagnard
J’ai vu trop de vies pourrir, les charognards sourire
Merde, c’est comme une guerre, un hold-up
Mon mic en fer, voilà à quoi il sert
Mettre à terre, pas serrer des pinups, frère
FF se dresse plus dur qu’un téton
En tant que chacal à l’affût
Dans la jungle de béton
Je tire le frein à main, les mains moites
Sales, comme Luciano
Rap en rafale, armé de la vérité
Ça gène les idiots
A la tienne, poto
Sort la JB de sous l’siège
FF déballe quatre cent coups
Le démon nous tend des pièges
Tentés par le diable
Des fruits de la défonce, mais pas défendus
J’médite pour voir mes ennemis le crâne fendu
On veut notre dû, bordel
L’oseille tellement je l’aime
J’y pense comme Faudel, fou d’elle
Vois tout ce qui se passe à cause d’elle
FF un clan de survivants sortis des rues sans futur
Réunis les frères et sœurs comme les points de suture
‘Choa’

Refrain 1 :
Avec nos vies de chiens
Y a de quoi faire des histoires sans fin
La rue en fond, plus vrai que les infos, du vécu enfin
Tu connais le refrain, on a faim
Et rien n’est prêt de changer, sauf
« Les gueules des bouffons sur les billets »
Si on s’en sort, ça changera pas la face du globe
On est juste des têtes brûlées à la conquête du monde
Pas de modèles, on essaie tous de se faire une place
Si Dieu veut, nous aussi un jour on sera en…

Outro:
Tu l’avais deviné
C´est la FF, en 9-8
Sauf les gueules des bouffons sur les billets

Fabe: Au Fond de Nos Coeurs

Fabe, plume affutée, grande maitrise de l’art de l’écriture. Grande figure du rap français qui s’est retiré de la musique au bout d’une poignée d’album tous devenus classiques. Je vous propose ce texte de rap : Au fond de nos coeurs. Emotion au rendez-vous.

Voici son texte:

D’où on vient tu t’en fous alors regarde ce qu’on fait
Regarde ce qu’on fait, regarde ce qu’on fait
D’où on vient tu t’en fous alors regarde ce qu’on fait

Et si ça fait de l’effet, lève ta main re-fré

Au fond de nos cœurs…
Dès qu’il sent l’approche extérieure, il se resserre comme un étau
T’entends l’écho ? Nada !
Tout le monde à l’affût, personne à l’écoute
Notre seul échange est un refus

Au fond de nos cœurs, c’est comme un ghetto
On s’enferme afin d’être fort, on joue les fins
On se renferme sur nous même
Même qu’au fond de nos cœurs ça sent le renfermé
Comme une baraque humide où pourrirait un corps décharné
Acharnés on l’est tous, pense tous qu’on va dans le bon sens inné

On prend confiance, l’histoire de notre vie on l’a déjà vue au ciné
Sinon, c’est la routine et l’accoutumance
On parle tous ici de tolérance, mais quand t’y penses…

Au fond de nos cœurs, c’est comme un ghetto
Dès qu’il sent l’approche extérieure, il se resserre comme un étau
T’entends l’écho ? Nada !
Tout le monde à l’affût, personne à l’écoute
Notre seul échange est un refus

Je te parle de communiquer
Sans tourner en bourrique comme un tourniquet
La peur de la peur de l’autre m’a rendu parano c’est niqué !
Je peux pas abdiquer, piquer du nez, peux pas pratiquer

Je peux pas baisser la tête, j’ai trop lutté pour qu’on nous manque de respect
Différent, regard de l’autre sur moi, digérant
« T’es pas dans ta banlieue » encore un flic qui se croyait marrant !
Belligérant, au service de ceux que j’aime pas
Entrer dans les rangs ?
Je peux pas en bonne santé, en étant mourant
Je peux pas t’aimer si tu mens, je peux pas partir en courant
Je peux pas aimer un tyran, j’peux pas faire de sentiments
Je peux pas couler du ciment sur les pieds d’un type
Et le jeter dans la Seine gentiment
Je revois la scène j’ai des sentiments
Aussi des pressentiments, du feu sur les continents

J’en vois partout, et ce que je ressens ça semble évident

Au fond de nos cœur, c’est comme un ghetto
Dès qu’il sent l’approche extérieure, il se resserre comme un étau
T’entends l’écho ? Nada !
Tout le monde à l’affût, personne à l’écoute
Notre seul échange est un refus

T’as vu, personne demande pardon
Dis-moi comment tu veux qu’on excuse ?
Tu m’exclus, alors je t’exclus et on vit reclus
Chacun chez soi, une info sans exclusivité
Avant que mon avis compte je dois présenter une pièce d’identité
Et encore moi « Dieu merci je fais partie des chanceux »

Avec la notoriété, ils ont oublié que ma peau est pigmentée
Mais moi j’oublie pas, c’est ma rancœur face aux a priori
En théorie, t’es intégré lorsque t’as réussi, abruti !
Je m’intègre pas, je suis né sur Terre, j’ai du respect pour l’Homme
Mais le dieu que j’adore n’est pas un billet vert
L’air de rien, nos gorges se serrent, regards de travers
Des vies amères et pour arranger nos affaires
Au fond de nos cœurs…

Chiens De Paille: Dans mes Rêves

Sako à l’écriture, Hal à la prod, textes de rap toujours de qualité lorsque Sako est à la plume. Sur une belle prod de Hal, Sako nous fait une démonstration de son talent de lyriciste.

Voici son texte:

Refrain:
Rien de plus qu’hier dans l’univers, j’ai le goût amer des jours sans guerre
Les heures s’égrènent, toujours les mêmes, la route est raide pour tous mes pairs

Encore un jour que j’ai pas vu venir, tu parles d’une surprise
A peine resté, déjà reparti, à croire que j’ai pas dû le vivre
Encore un qui laissera pas de souvenir, s’efface à la suite
Depuis quand ça dure ? Je sais plus le dire, crois pas que je fasse une liste
Mon quotidien, un lot de riens, on y a laissé dessus le prix
Dans un coin, je fais mon chemin, mais blanches restent les pages du livre
Je mesure dès que j’ouvre les yeux toute la futilité d’un être
Ne fais juste qu’imiter hier et recréer l’utilité d’un geste
Je me lève et j’avance, mène mon challenge mais ça suffit pas
Chaque matin je renonce mais y’a toujours cette putain d’envie d’y croire
L’intime espoir de vivre une autre histoire, mais je suis que moi
Le genre de type qui croit qu’un esclave puisse devenir roi
Vingt-six piges entre haine et mépris, la bouche pleine d’ironie
Je me dis, par peine ou dépit devenir vieux tient de l’héroïsme
Une belle mélodie pour un meurtre légal
La solitude et l’ennui sur mes pas
Se perdent comme le sucre dans le thé, mais le goût est là
Soldat sans bataille, je m’enferme dans le travail, reste chez moi
Oublier et se faire oublier, c’est la politesse du désespoir
C’était pas comme ça dans mes rêves, mais les rêves jouent des tours
Je veux dormir calmement, respirer comme avant, c’est tout

Refrain:
Rien de plus qu’hier dans l’univers, j’ai le goût amer des jours sans guerre
Les heures s’égrènent, toujours les mêmes, la route est raide pour tous mes pairs

Saines images dans mes yeux d’enfant
Scènes de vie calme dans un lieu qui enchante
Gentille femme, paisible havre, délicieuse entente
Train de vie stable pour d’heureux parents
Les petits se marrent, ensemble au pied de l’arbre le 25 décembre
L’avenir charme, s’envisage sous des cieux tentants
Paysages cléments de mes nuits d’antan
C’est ainsi que j’imaginais trente ans
Puis la vie se cale au milieu, entre-temps, insidieusement
Et le mirage se dissipe peu à peu dans le vent
L’innocence, réduite en cendres, vire au sang d’encre
Et bien qu’on reconstruise l’enceinte, ça reste en ruines en dedans
Aujourd’hui, comme se dessinent trente ans
Je sais pas ce qui a merdé, mais le joli plan tendre a jauni lentement
Je vis toujours chez maman. Le même lit branlant, train de vie sans le franc
Elle trime sans rien dire pour que j’ai du beef dans le ventre
J’ai honte des circonstances, souvent, je file dans le centre à l’heure où on dîne ensemble
J’attends qu’elle dorme et me fais tout petit quand je rentre
Dehors, immense file d’attente pour un dwiche sans viande
Il semble que personne n’ait de famille dans ce monde
Ça rapplique en bandes : un petit pansement au spleen ambiant
Mais ça reflète trop ce que je suis, me rappelle ce que je fuis, alors j’esquive franchement
Je fais des disques, mais l’industrie s’en branle
Elle veut du hit en branche, du fric en banque, moi je mets mes tripes en vente
C’était pas comme ça dans mes rêves, mais les rêves jouent des tours
Je veux dormir calmement, respirer comme avant, c’est tout

Refrain:
Rien de plus qu’hier dans l’univers, j’ai le goût amer des jours sans guerre
Les heures s’égrènent, toujours les mêmes, la route est raide pour tous mes pairs

Haroun: Le Zonard

Haroun, artiste de la scred connexion. Gros kickeur, joue avec la langue français comme Zidane avec le ballon. Son texte de rap décrit son ressenti de jeune de banlieue par rapport à la société.

Voici son texte:

Intro:
Rien d’bonnard, j’continue ma vie d’zonard
Appelle-moi comme tu veux : sale caille ou gros connard
J’m’en bats, j’ai pris les défauts d’un gars d’en bas
Ça s’est fait tôt à l’époque où bambins on vagabondait

Couplet 1:
Moi et ma bande, tout pleins d’plans foireux
Parés toute la soirée et toujours dans les coups fourrés
On courait après les ronds et les rents-pa s’faisaient du mouron
C’est malheureux, le temps qu’on perdait à galérer
Affalés sur les murs à siffler les rates
Ou tirer sur le deux-feuilles que nous concoctait l’Europe
Nous on s’imaginait mal se contenter des miettes
Genre caissier chez do-Mac pour à peine 4 mille balles net
Après, pour l’argent on était pire que des sangsues
Mais à défaut on s’en passait, on était bien avec ou sans sous
De toute façon on s’en foutait, fallait s’en douter
Génération qu’avait pas d’goûter
On croyait plus en aucune de leurs institutions
Sortis de l’école dans nos têtes c’était anarchie ou révolution
Chacun sa route, son but, ses résolutions
Mais surtout pas leurs solutions, nous on rêvait d’évolution

Refrain:
J’continue ma vie d’zonard
Appelle-moi comme tu veux : sale caille ou gros connard
J’m’en bats, j’ai pris les défauts d’un gars d’en bas
Ça s’est fait tôt à l’époque où bambins on vagabondait

Couplet 2:
Moi et ma de-ban, comme d’hab
À faire des débats dont on n’en joint jamais les deux bouts
Des fois c’est marrant, mais d’autres c’est grave
Comment les mauvaises langues peuvent faire des gue-bla de mauvais goût
Je sais qu’fallait s’attendre à des hauts et des bas
Même si c’était bien beau au début
Mais c’était dur déjà de rester debout
Comment ne pas s’laisser emporter par la vague
Moi la rue elle m’a eu sans m’drague
Et j’étais de dos quand elle m’passait la bague
Et j’étais qui pour faire changer les choses?
Ouais y nous niquaient sous contrat
J’suis avocat moi pour changer les clauses ?
Personne ne prenait notre défense, qu’est-ce t’aurais voulu qu’je fasse ?
À part bosser des textes et foncer tête basse ?
Me trouver un biz’, en attendant mon buzz
Couz, on était tous clean à la base demande à Mousse
Mais bon c’est dur de s’en sortir, « Tu m’étonnes »
Surtout sans faire d’études donc des thunes on en voulait des tonnes

Refrain:
J’continue ma vie d’zonard
Appelle-moi comme tu veux : sale caille ou gros connard
J’m’en bats, j’ai pris les défauts d’un gars d’en bas
Ça s’est fait tôt à l’époque où bambins on vagabondait

Couplet 3:
Dans ma de-ban y a de tout des biggies et des ck-sti
Comme Krusty, le sosie de P. Diddy
Des intellos et des abrutis
Casses-couilles pour des broutilles
On s’embrouillerait pour un Bounty
Mon quartier, une grenade sans goupille
Une fausse manip et ça pète, si le porc bave il nous faut sa tête
Sinon c’est pas quitte, justice n’est pas faite
Le juge qui l’acquitte a le nez dans la coke
Diront mes potos, pensant à ceux partis trop tôt
Paraît qu’pour nous c’est trop tard, qu’on s’ra encore la dans trente ans
Soixante balais au compteur, fumer nos spliffs au ton-car
Mais peut-être bien qu’au contraire, y nous faudra pas grand temps
Pour voir nos salles de concert pleines et faire un ton-car

Flynt: Joga Bonito

Encore un artiste avec une grosse plume, Flynt peut décrire ce qu’il veut dans ses textes de rap et il le fait bien. Artiste avec une plume en or. Je vous présente son texte « Joga Bonito » texte de rap au top. Il remet subtilement en place les rappeurs qui n’apportent aucune importance au sens des mots.

Voici son texte:

J’entends déjà les critiques, je m’en bats les couilles
Comme si j’leur devais quelque chose, vas-y fais ta vie cousin
Souvent tes ennemis sont à 1 couplet de distance

J’aime la tendance je suis là depuis sang d’encre
Je me demande ce qu’ils deviennent
J’ai construit ma légende avec le 1er album
J’ai fait construire avec le deuxième
Je fais des eus tu fais des vœux
Carré de pelouse à mon nom
Viens faire la bise à tonton j’suis toujours le plus frais des deux
Je n’arrête pas les carrières je les inspire
Ils ont fait écouter la radio à mes gosses au centre de loisirs donc j’ai dû les désinscrire
Infidèle comme le public
J’opère sur mes rimes au bistouri
Depuis l’industrie du clic des montagnes accouchent d’une souris
Entre stupeur et fou rire quand j’les entends té-chan

Ils représentent des chiffres je représente des gens
Toujours très peu de concurrence dans ma catégorie
Ma carrière sera longue comme l’affaire Grégory

Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Ils sont trop beaux pour être honnêtes je suis trop honnête pour être aussi beau
Je suis celui qu’il faut connaître au micro lyrical Joga Bonito

Ils font leurs preuves sur Youtube, j’ai fait les miennes sur scène
Ils font des clips moi du rap on n’a pas le même job pas le même succès

Rien à foutre de la fête de la musique je taffe demain
J’ai fui l’industrie car elle me révulsait
J’suis dans l’rap comme j’suis dans la salle de bains
Rescapé des années 90
Baggy bipper teddy en cuir triple XL
Je crois en l’âge d’or du rap français
Comme je regrette le minitel
J’éloigne mes enfants du poste pour ne pas avoir à les emmener voir un pédo-psy
La vie de rue influence le rap j’écris comme si l’inverse était vrai aussi
Fidèle à mes couleurs comme De Rossi
Je gagnerai sûrement mieux ma vie autrement
J’ai rien contre ceux qui veulent plaire aux p’tits tant qu’ils ne nuisent pas à leur comportement

Leurs plumes sont plus ou moins éphémères
Un jour la mienne sera la doyenne
J’pourrai créer un nouveau t-shirt toutes les 4 mesures en moyenne
J’ai l’art et la manière
Ils voudraient danser sur les boîtes noires de ma carrière
Incontournable répertoire
C’est l’alphabet qui nous sépare

Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Ils sont trop beaux pour être honnêtes je suis trop honnête pour être aussi beau
Je suis celui qu’il faut connaître au micro lyrical Joga Bonito

Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Je suis celui qu’il faut connaître si tu prétends t’y connaître
Ils sont trop beaux pour être honnêtes je suis trop honnête pour être aussi beau
Je suis celui qu’il faut connaître au micro lyrical Joga Bonito

Demi Portion: Mon Dico 1

Artiste qui a su faire sa place dans le paysage rap français. Le texte de rap que je vous propose est un des textes qui l’a fait rentré dans la cour des grands. « Mon Dico 1 » le texte est construit comme son titre l’indique. Un mot suivi d’une définition.

Voici son texte:

[Intro]
Les grandes gueules…
Demi Portion…
Ouais ! Les « mots dico »…

[Couplet]
« Espoir »
A été viré d’ma mémoire
Mon avion s’est crashé et a perdu la boîte noire
« Esclave »
Certains ont connu ce châtiment
Mon père et puis le tien leur ont construit des bâtiments
« La dette »
Dis-moi quel pays la paiera
Pendant qu’les States s’amusent à pratiquer la « rhala »
« La gloire »
On n’était pas pote avec elle
Juste avant d’crier victoire, fallait subir des séquelles
« L’amitié »
J’essaie de garder les meilleurs
Une pensée aux envieux qui ne font que parler des leurs
« Souvenir »
J’ai en tête les bons, les mauvais
Qu’toutes les réponses cachées, il était temps de les trouver
« La peur »
Même ton voisin est parano
Quand il croise un Arabe il r’voit la figure à Pernaut
« Les médias »
Ont su nous salir à p’tit feu
Se fâcher entre nous, ou séquestrer un p’tit Feuj
« Les racailles »
Ne sont pas que dans les tours
Chaque salaire à Matignon pourrait aider le Darfour
« La monnaie »
On sait très bien qu’elle y contribue
Ça tue et change l’humain et le pousse à l’abus
« Surprise »
Comme voir le président sous tise
On n’a pas trop le choix d’écouter leurs précédentes sottises
« La chance »
M’a réclamé une redevance
À force de la regarder elle m’a dit c’est perdu d’avance
« Distant »
Évidemment qu’il a fallu l’être
Mieux comprendre les mots afin de maîtriser les lettres
« Endormi »
Et sans toucher aux somnifères
V‘là un son qui te réveillera, un vrai déjeuner en sphère
« Travailler »
Et puis certains veulent que je chôme
On a tous été bloqué entre vice et sourire jaune
« Tolérance »
Dis-moi où est le mot respect
Quand des flics virent une famille sans le moyen d’y rester
« Coupable »
Ma couleur est la première cible
On m’a dit : « écris comme si tu faisais un homicide »
« La galère »
Elle a même très bien fait son buzz
Elle est passé dans chaque cité et a su jouer la gracieuse
« Manipuler »
Comme les dossiers de l’Élysée
Les p’tits n’hésitent même plus aux soirées alcoolisées
« Accuser »
J’veux ni monter ou toucher la barre
Et j’veux q’mon dernier soupir finisse par « Allah Akbar »
« Religion »
Car il faut savoir en parler
Chaque conflit gratuit a été seulement parié
« Pétrole »
Synonyme de grande fortune
Et j’suis pas si bien placé pour y faire tremper ma plume
« La faim »
Elle fait aussi tourner la boule
Encore plein de pays à terre, va faire un tour à Kaboul
« Les termes »
C’est ce que j’ai voulu te définir
48 mesures mais m’en faudrait bien plus pour en finir

[Outro]
Ouais…
Demi-Portion…
Les mots blessent, mais le savoir est une arme
« Espoir » a été viré de ma mémoire
Depuis qu’on regarde mal maghrébins et noirs
« Esclave », j’ai pris ce bic
Afin d’réanimer la langue vivante
« La dette », dis-moi quel pays la paiera
Depuis qu’on est tous enfermés dans c’trou à rats
« La gloire », la gloire on y croit
Mais c’n’est pas mon seul espoir
La gloire on y croit, mais ce n’est pas mon seul espoir
Je t’ai fait part de mon Dico…
Pars de mon Dico

Veust: Vitres Tintées

Grand lyriciste, encore sous-coté aux vues de son talent, Veust sait faire passer ses messages grâce à sa plume expérimentée et sa voix puissante reconnaissable entre 1000 rappeurs. De la basse dans la voix et de l’or dans la plume, je vous présente son texte de rap « Vitre Tintées ». Inspirez-vous de se texte, vous progresserez sans aucune hésitation. Lourd de technique et de sens.

Voici son texte:

J’ai bronzé sur Mercure, j’ai bu l’eau de Mars
Sur Terre pour marquer mon temps de Swatch jusqu’à Audemars
Les petits zin font plus de gwap que leur prof de maths
Rêve ou cauchemars
T’façon faut qu’on crève autre part
Devant eux pas de soumissions
Même devant des sous-messieurs
J’ai plus confiance en l’invisible que ce qui se passe sous mes yeux
Il faut construire avant de voir le cousin du sommeil
Donc je m’endors sur mes lauriers que si je me lève sur mon oseille
Faut qu’nos poches soient comme les prisons
Pleines à craquer
Numéro d’écrou mais aucune peine n’a marché
Mes négros n’éprouvent aucune peine à te braquer
Nouveau bendo nouveau benzo
On est dans sa chatte t’es dans sa friendzone
C’est grave bien d’être important mais c’est important d’être un gars bien
C’est toujours ceux qui ont le plus qui lâchent rien ces sales chiens
J’te ment ap’
Ils nous expulsent des tement-appar
Sommes-nous français à part entière ou français entièrement à part ?
Ma voix au-dessus des blocs s’élèvent jusqu’au dôme céleste
Pendant que sur le globe terrestre on gobe les restes
Elle est bonne mais elle donne ses lèvres qu’aux hommes célèbres
Tu viens avec de l’amour mais ces putes veulent un proxénète
Et ils m’invitent dans des restos classes
Ils me félicitent ils m’tapent dans le dos
Mais quand je rentre j’met ma veste au sale
Le monde tourne sur le doigt de sheitan comme un ballon basket
Ici le dicton c’est parlons bien parlons peu parlons plaquettes
Pardon mais…
Si les stups font de plus en plus de vices
C’est que les zup font de plus en plus de frics
Et si les négros s’font shooter par plus en plus de flics
C’est que les putes font de plus en plus de fils
Le coeur vide sous une épaisse couche de pecs
Comme Zidane on peut gagner ou perdre
Sur un coup de tête
Et même si la juge veut juste t’enfermer
Confond pas ton dernier jugement et ton jugement dernier
Je me fous au fond de la classe et…
J’me fout de la fonte des glaciers
Je pousse la fonte et l’acier
Je tousse à fond dans le classe C
Pas de caves ici
Le mac tu le fais chez toi
Ici les soucis nous donne la calvitie de Végéta
Ma mission est finie si j’te rend fière mama
A 10 piges niquer tout comme un petit morveux
A 20 piges j’en voulais à la terre entière
Aujourd’hui c’est la terre entière qui m’en veut
Je pris celui qu’on appelle Dieu Allah ou Elohim
Ces lâches sont sous héroïne
Ces liasses sont sous stéroïdes
Y’a celui qui achète un R1 pour conduire Nabilla
Et celui qui achète un terrain pour construire sa villa
Nuage de fumée forme en cercle t’es dans l’œil du cyclone
Tu lui ramène les schmitts quand ta mère t’as demandé des diplômes
Elle te laisse couper ton shit la pauvre tu lui barbes ses ziplocs
Tu veux te barrer d’ici changer de code postal contre un zipcode
T’as envie de flinguer pour un petit rain-té ou bien
Faire des disques indés pour te distinguer on veut
Tous une vide d’blindé
Regarder les petits s’flinguer en remontant la vitre teintée
Merde

Voici quelques exemples qui t’aideront à progresser si tu les lis sérieusement et que tu essayes de comprendre comment ces artistes les ont écrit. A toi d’écrire ton texte de rap !!

Si tu cherches des prods pour tes propres textes de rap:

Découvre mes prods:

Trap

Boom-Bap

Drill

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Une réflexion au sujet de « Texte de Rap, 12 Maîtres de l’Ecriture »

  1. Que de beaux textes. Je vais les étudier pour m’améliorer en écriture

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